RÉMY MPUKI

Àgé de 24 ans, Rémy Mpuki est danseur interprète, freestyler, chorégraphe et DJ. Passionné de hip hop, de house et de popping, il s’inspire également de la dancehall, des danses afro et de la capoeira. À titre d’info pour les non-initiés, le popping est une danse qui appartient aux styles funks. Son principe de base est la contraction et la décontraction des muscles effectuées en rythme sur la musique.



Né en Belgique d’un père congolais et d’une mère italienne, Rémy Mpuki commence la danse à l’âge de 15 ans. Il découvre sa passion lors d’un stage, commence par la chorégraphie et bifurque rapidement vers le freestyle. À 17 ans il enchaîne les formations, participe à de nombreux workshops, puis il se forme à la mise en scène. Calme et discret au premier abord, le danseur n’en est pas moins bouillonnant sur scène.

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Pourquoi la danse ?

« Parce qu’elle me procure des sensations très intenses. En comparaison j’ai commencé le basket à 4 ans, j’en ai fait jusqu’à mes 18 ans, mais j’ai choisi la danse parce qu’elle me fait sentir beaucoup plus d’émotions, plus de liberté en fait. »


Quels sont les styles de danse que tu pratiques ?

« J’ai commencé avec le hip hop, le groove, la hype, le new jack swing aussi. Après, j’ai appris le body control, les isolations. Donc un peu le popping on va dire. Ensuite j’ai commencé la house, j’avais 19 ans. Je m’inspire aussi de la capoeira, je n’ai jamais vraiment pris de cours, mais j’aime bien la culture. J’aime bien la danse aussi, je trouve qu’elle est très belle. Les danses africaines aussi. Étant moitié africain je me nourris naturellement de cette fibre. »


Tu as une préférence entre le hip hop et la house, ou entre le freestyle et la choré ?

« Je ne peux pas dire que j’aime l’un plus que l’autre. Le hip hop et la culture clubbing ce sont deux cultures qui me tiennent vraiment à cœur. Je ne pourrais pas choisir. Et moi je suis un freestyler de base, mais j’aime trop créer, c’est juste que retenir des chorégraphies je n’aime pas forcément ça. Mais ce que je préfère par dessus tout c’est vivre le moment, improviser, freestyler quoi. »


Tu préfères danser solo ou en collectif?

« En fait, dans ma vie et dans ma danse je suis assez solitaire. Quand je suis seul je suis pleinement moi-même, j’ai de meilleures sensations. Après j’aime aussi le partage. J’aime bien danser avec les gens pour observer les styles des autres et m’en nourrir, je vais prendre des infos un peu partout. »


Tu bosses sur quoi en ce moment ?

« Là je suis interprète sur deux créas différentes, Be The Rythm de Briana Ashley Stuart et Bully (Because You Loved Loathing Yourself) de Thomas Ntamashimikiro. Puis je suis sur ma première création en tant que chorégraphe, Les Épines de la Rose.


Tu peux nous en dire un peu plus sur Les Épines de la Rose ?

« Alors, Les Épines de la Rose c’est une pièce entre danse et théâtre, mise en scène au travers d'une création musicale jazz. L'histoire raconte une double relation conjugale entre Malvine, Suzy et Iraknel. Elle soulève l'impact de l’adultère sur les relations humaines. Du coup les thèmes abordés sont l’amour, la trahison, la manipulation et le pardon. Elle est interprétée par trois danseurs : Amina Bandaogo Vervaeke, Popping Danys (Danys Vanderhaegen) et Anke Clinke. »


© Caroline Lessire


Tu l’as écrite il y a combien de temps ?

« J’ai commencé à écrire la pièce en mars 2021. Je me suis d’abord penché sur la dramaturgie, j’ai vraiment écrit. J’ai décliné les scènes et après j’ai contacté les danseurs. Du coup maintenant j’ai mon équipe au complet. J’ai deux compositeurs aussi, Adrien Sassier et Thomas Arnett, et sept musiciens qui vont accomplir la compo. »


Qu'est-ce qui t'a mené à la chorégraphie ?

« J’ai commencé par deux créative boils avec Owdi au Zinnema ; on est par groupe de trois, et on doit créer un spectacle en un weekend. Puis j’ai fait le Groundwork avec Cindy Claes, c’est un stage à la création d’une semaine à Destheleide. Il y avait différents workshops, on a eu Yves Ruth aussi. Ça m’a vraiment beaucoup appris. »


Comment fait-on pour vivre de la danse en Belgique ?

« Ça dépend. Il y a plusieurs façons, il y a plusieurs profils en fait. Y a les battles, les cours, tourner dans des théâtres, accompagner les chanteurs sur scène ou dans des clips. Y a les réseaux sociaux aussi. Il faut juste trouver à travers quoi on préfère s’exprimer et travailler pour aller dans cette direction-là. »



Tu es aussi DJ (DJ Mpuki), comment es tu passé de la danse aux platines ?

« Comme j’ai toujours baigné dans la culture hip hop et house, c’est venu assez naturellement. J’ai toujours aimé la musique, donc j’ai passé le pas, j’ai acheté un contrôleur et je m’y suis mis. Je mixe surtout de la house et du hip hop. J’ai commencé il y a deux ans pendant le premier confinement. J’ai d’abord pris le temps de me perfectionner chez moi, puis il y a quelques mois j’ai mixé pour la première fois pour une session house de Raquel Suarez ici à Bruxelles. Ensuite pour le Detours, c’était un battle house. Plus récemment j’ai mixé pour un festival, c’était vraiment super, l’énergie était vraiment intense. »


Quels sont tes projets à court et moyen terme ?

« Avoir le statut d’artiste, faire tourner ma création. Par après j’aimerais continuer le processus créatif en tant que danseur interprète et en tant que chorégraphe. En tant que DJ je voudrais mixer dans des battles ou dans des événements, dans des festivals, j’aime vraiment bien mixer en festival. Et puis voilà en gros. À moyen terme il y a plus de travail à Bruxelles, mais une fois que t’es à Bruxelles tu te dis qu’il y a plus de travail à Paris, etc. Donc à long terme j'aimerais voyager. Et finir ma vie finir au soleil, ça ce serait l’idéal. »


Tu te considères hip hop ou urbain ?

« Je me considère dans la culture hip hop et dans la culture clubbing. Parce que mon art, mes valeurs, sont hip hop et house. Les valeurs du hip hop sont peace, love, unity, having fun. Moi je suis vraiment en paix avec tout le monde, et la culture clubbing m’a appris la tolérance. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de tolérance dans le hip hop mais dans la house c’est encore plus tolérant. Par exemple la communauté homosexuelle dans le hip hop c’est compliqué pour eux, alors que dans la culture clubbing c’est normal en fait. Et c’est vrai que moi jusqu’à mes 19 ans je n’avais jamais vraiment parlé à une personne homosexuelle. C'est la culture clubbing qui m'a appris à accepter chaque personne comme elle est, et à être beaucoup plus tolérant en fait. »


Du coup le mot urbain en rapport à la culture, ça te parle ?

« On dit urbain pour tout ce qui n’est pas occidental en soi. Tout simplement. C’est vrai qu’avant c’était différent. Si tu regardes les vidéos d’archives en 1980 tu vois les breakers ils sont dans la rue, à ce moment-là on peut peut-être parler de danse urbaine parce que ça se fait vraiment dans la rue, mais c’est plus la street qu’urbain. Perso je n’utilise jamais le mot urbain pour définir ce que je pratique. »



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