LADOSHAD

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, les débuts de LadoShad remontent à 1994. Avec son groupe La Tourbe, le rappeur Liégeois arpente les scènes belges jusqu’en 2006. Quelques projets K7 mixées en démo circulent dans les battles et les concerts, loin d’internet et des réseaux sociaux. En 2002 ils sortent le maxi De Mon Bic à Tes Baffles. D’autres projets suivront jusqu’en 2007, année où le groupe se sépare. Entre 2009 et 2017, LadoShad sort une série de projets solos : Pay or Fuck, L’Homme de l’Ombre, Le Temps Qui reste, Ladoshad Story, Histoires d’une Vie et Bagdad Café.


« Ah si tu savais, ce qui y avait jadis dans la Shadomatrice… »



Le 6 décembre 2017, il se fait arrêter à Casa Blanca où il fait six mois de prison pour un délit qu’il n’a pas commis. En 2019, avec un arrière-goût de remake à la Midnight Express, Lado raconte son cauchemard dans la mixtape Morrocan Nightmare. C’est avec le sourire qu’il dit en être sorti plus fort, que c’est la vie et qu’il faut se relever, se battre, continuer. Insatiable il continue et sort Pay or Fuck 2.0 en 2020. En juillet 2021, LadoShad & le beatmaker The Gloomy Sailor sortent leur premier projet commun : Entre Deux Rives.


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Quel message veux-tu faire passer avec cet album ?

« On aspire à propager la paix, des messages positifs, beaucoup de sincérité. Quand je prends le micro c’est pour dire des trucs sensés et pas commencer à jouer un rôle. Le hip hop, le rap c’est une culture, c’est un rap à message et c’est des choses qui ne doivent pas se perdre surtout vu ce qui se passe en ce moment dans la musique en général, commerciale ou non. Donc ouais voilà, beaucoup de mélancolie, très terre à terre, et des vérités. Tant qu’on peut les dire on les dit. »


Comment s’est fait la connexion avec The Gloomy Sailor ?

« Il m’a rajouté sur Facebook un jour, je vois qu’il vient d’un quartier près de chez nous, c’est juste en bas de chez moi en fait, et j’me dis "Ah bon un gars qui fait des beats à l’ancienne et c’est des tueries en plus", du coup j’ai essayé de le contacter. Donc voilà le feeling est passé, on s’est entendu sur ce projet. Et puis j’avais envie de revenir un peu à l’ancienne, sur des prods moins trap. J’aime bien aussi, mais Lado Shad c’est Lado Shad. (rires) »


Tu parles beaucoup d'autodestruction dans Stupeur, on fait comment pour "abdiquer" en 2021?

« Faut se poser les bonnes questions, essayer de revenir un peu aux fondamentaux, à ce que c’est la vie, faut la croquer. J’ai perdu mon petit frère en 2014, ça remet beaucoup de choses en question. Parfois c’est dur, dans le sens où t’as beau essayer d’avancer et de vouloir faire des trucs positifs, ça suffit pas toujours, mais c’est ça qui te renforce. »


Tu parles au nom de différentes personnes dans Miroir, tu peux expliquer ?

« Miroir c’est la relation avec l’alcool en fait. Quand j’étais plus jeune on buvait, on fumait et on aimait bien arriver sur scène déglingués, mais en fait ça sert à rien. Tu peux pas faire ton set en forme et donner la même chose. Après ça devient moins marrant. Puis y a des choses de la vie qui font que t’as plus envie de tout ça. Tu joues, tu joues, mais à partir d’un moment ça va éclater. J'ai décidé d'aller dans un centre parce que seul je n’arrivais pas à arrêter. Et en fait ce morceau-là c’est pas moi qui l’ai écrit. Enfin si je l’ai écrit mais je l’ai arrangé en fait. Quand j’étais au centre j’ai proposé à tous les gens qui étaient là d’écrire deux ou trois phrases. À la fin j’ai un peu réadapté tout ça à ma sauce, en gardant ce qu’ils avaient écrit et j’en ai fait un morceau. Et au lieu de mettre les noms à chaque fois j’ai mis Il ou Elle. »



L'album s'appelle Entre Deux Rives, de quelles rives tu parles-tu?

« Entre deux rives c’est notre dualité : les points positifs, les points négatifs, les addictions, les réussites. »


Tu fais partie de la génération des anciens, que penses-tu de la nouvelle ?

« Dans le rap t’as beaucoup de disciplines, des trucs positifs, des trucs sentimentaux, mélancoliques, festifs. Ça dépend où le rappeur se situe en fait. Je trouve juste dommage que les nouveaux ils ne connaissent pas les anciens du Hip Hop, pas seulement en Belgique mais aussi en France et aux USA. Pour pouvoir évoluer dans un domaine il faut connaitre un minimum les bases. Aujourd'hui tout le monde veut rapper mais il faut apprendre d’où ça vient. Mais bon, à partir d’un moment chacun fait ce qu’il veut. »


Tu ne penses pas qu’il y a une part de responsabilité de la part des anciens dans ce manque de transmission ?

« Je dirais pas les anciens mais plutôt les médias. Dans les médias c’est souvent ça. Parce qu'entre les anciens à l’époque y avait une solidarité énorme. Moi j’me rappelle à l’époque on était de Liège on rappait qu’à Bruxelles. On venait tous les weekends on faisait des choses. Aujourd’hui j’en vois pas des rappeurs de Liège aller à Bruxelles. À part Starflam à l’époque. Y a aussi beaucoup de rivalité dans le milieu, ce qu’y avait moins à l’époque. Ça nous permettait de nous rencontrer, y avait pas internet donc on allait en soirée, on s’invitait sur des mixtapes, y avait pas les clicks sur YouTube, le buzz. Après chaque époque est différente. »



Y avait quoi jadis dans la Shadomatrice?

« (rires) Oh ben y avait une jeunesse, de l’insouciance, les délires entre potes. Fin y en a toujours mais, ouais c’était plus un univers, la Shadomatrice ça a été mon univers et ça reste mon univers artistique. »


Quels sont tes projets/objectifs pour la suite?

« Continuer sur ma lancée, rester la personne que je suis et… Advienne que pourra ! Me focaliser sur la vie en général, sur ma vie de famille, mon fils et mes proches. Un jour j’aimerais bien faire un concert avec mes anciens morceaux. D’un autre côté j’ai aussi envie de faire des nouveaux sons et aller de l’avant, on verra. »


Quel est ton espoir pour le hip hop aujourd'hui ?

« Que ça continue, qu’il y ait toujours des MCs qui kickent, avec du flow, parce que le hip hop ça reste ça, ça reste une compet. Ouais que ça continue dans le bon état d’esprit. De toute façon y aura toujours des bons, y aura toujours des mauvais, y aura toujours des trucs qui nous plaisent et d’autres qui nous plaisent moins. Après moi c’est ma vie, j’y mets beaucoup de trucs personnels, on prend des risques mais c’est ma vision de l’écriture. »



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www.thegloomysailor.com



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